1ère édition du Forum National de l'Industrie du Cameroun (FONAIC) Yaoundé, le 26 juin 2018
# Allocution de Monsieur Célestin TAWAMBA Président du GICAM Représentant du Secteur privé
Juin 2018
Monsieur le Ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique ; Honorables invités ; Mesdames et Messieurs ;
Le Groupement Inter-Patronal du Cameroun sait gré au Ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique et à l'ensemble du Gouvernement pour l'initiative du présent Forum consacré à l'industrie et pour l'intérêt accordé au partenariat public/privé dans son déploiement.
Nous souhaitons mettre à profit l'occasion à nous offerte à cet instant pour lancer un véritable cri de cœur au secours de l'industrie de notre pays. De fait, il y a quelques années et notamment jusqu'aux années 90, notre pays disposait d'un tissu industriel dont les performances autorisaient bien des espoirs.
Malheureusement, l'économie nationale est depuis 1993, marquée par une diminution structurelle du poids du secteur manufacturier au profit du primaire et du tertiaire.
Notre secteur de l'industrie est celui dont le taux de croissance est le plus faible. C'est ainsi que de 17,2% en 1993, la part du secteur secondaire en volume est passée à seulement 14,1% du PIB en 2016.
L'urgence pour le Cameroun est de rompre avec ce décrochage continue et de s'aligner sur la nouvelle donne stratégique de promotion d'un tissu industriel diversifié et compétitif. Nous devons faire du relèvement de notre industrie une véritable cause nationale.
A ce sujet, le secteur privé se félicite des options tracées dans le nouveau Directeur d'Industrialisation élaboré sous la houlette du Ministère des Mines, de l'industrie et du Développement Technologique (MINMIDT) et qui envisage d'Edifier une Nation Camerounaise Industrielle, Usine de la Nouvelle Afrique Industrielle, Adossée sur un Tissu Industriel Maillé de PME/PMI Compétitives et Performantes avec trois options fondamentales : Devenir le Nourricier, le Commutateur et l'Equipementier de l'Afrique Centrale (CEEAC) et du Nigeria.
Les organisations du secteur privé partagent ces priorités et réaffirment leur disponibilité et leur engagement à accompagner la traduction concrète de ces louables ambitions en actes et en changements concrets. Parlant de
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changement, nous souhaitons insister sur l'urgence de mobiliser tous les leviers disponibles pour préserver et promouvoir notre tissu industriel local.
De fait, l'industrie locale se meurt. Elle ploie sous le joug de plusieurs contraintes structurelles parmi lesquelles sa forte dépendance vis-à-vis de l'extérieur pour l'acquisition des équipements et son approvisionnement en matière premières. C'est ainsi que plusieurs filières industrielles sont aujourd'hui pénalisées par une politique douanière favorisant paradoxalement l'importation des produits finis au détriment des matières premières.
De même, les nombreuses défaillances dans l'application des politiques et procédures en matière de surveillance des marchés (contrôle, certification, métrologie, ...) l'expose à une concurrence particulièrement acerbe des produits importés empruntant parfois les voies du commerce illicite (contrebande, fraude, contrefaçon).