# DECLARATION DE S.E. PAUL BIYA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE LORS DU SOMMET MONDIAL SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Copenhagen, le 17 décembre 2009
Madame la Présidente, Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement, Mesdames, Messieurs,
Qu'il me soit d'abord permis de remercier le Gouvernement du Danemark d'avoir accordé l'hospitalité à ce Sommet sur les changements climatiques dont l'importance n'échappe à personne. Je voudrais également dire aux autorités danoises que nous sommes très sensibles aux attentions dont ma délégation et moi-même avons été l'objet de leur part.
Par ailleurs, je ne saurais manquer de féliciter Monsieur le Secrétaire Général des Nations-Unies d'avoir pris l'initiative de ce Sommet.
Mesdames, Messieurs,
Lorsque nous avons décidé de nous réunir ici à Copenhague, c'était, je le rappelle, dans l'intention de conclure un accord sur les changements climatiques qui prendrait le relais du Protocole de Kyoto à l'expiration de celui-ci.
Entre temps, les effets dévastateurs de ces changements, mieux connus grâce au progrès scientifique, ont fait prendre conscience par les populations de la planète de l'importance de ces questions et de l'urgence de leur trouver des réponses. Nous sommes tous témoins en effet des conséquences néfastes des changements climatiques sur l'agriculture, la biodiversité, les ressources en eau et, bien entendu, sur l'alimentation et la santé humaines.
Mon pays, le Cameroun, subit de plein fouet l'impact de ces modifications du climat.
Ainsi, dans la zone soudano-sahélienne, la situation est de plus en plus critique. Tandis que la température est en augmentation constante, la pluviométrie continue de baisser, entraînant une inexorable avancée du désert. En une vingtaine d'années, la ceinture de production de certaines cultures comme le coton et le maïs s'est déplacée de plusieurs centaines de kilomètres vers le Sud, exposant la partie septentrionale du pays à un déficit chronique de la production agricole.
L'assèchement accéléré du lac Tchad est aussi un phénomène très préoccupant pour le Cameroun et les autres pays riverains, qui met en jeu la survie des populations concernées.
Sur sa façade atlantique, mon pays est exposé à la dégradation de ses écosystèmes littoraux en raison de l'ensablement sédimentaire, des inondations et de la montée des eaux salées.
Dans la partie Sud du Cameroun, la conservation et l'exploitation écologiquement rationnelle de la forêt tropicale soulèvent de nombreux problèmes en raison de l'importance de ce secteur pour l'économie nationale.
Face à cette situation, le Gouvernement camerounais a pris un ensemble de mesures, telles que la mise sur pied d'un Plan National de l'Environnement et d'un Plan de Développement des Forêts ainsi que le Lancement d'une campagne de reboisement baptisée « Opération Sahel vert » de concert avec les pays sahéliens de la région.
Mesdames, Messieurs,
Il y a trois mois les Chefs d'Etat et de Gouvernement réunis à New York dans le cadre d'une rencontre de haut niveau sur les changements climatiques ont exprimé leur volonté d'aboutir ici à Copenhague à un accord mondial équitable sur ces questions dans la perspective de l'après Kyoto.