Visite d'Etat au Cameroun du Président de la République Française Yaoundé, le 03 juillet 2015
Déclaration de S.E. François Hollande face à la presse
Mesdames et messieurs,
Il y avait presque 15 ans qu'un président de la République française n'était pas venu en visite officielle dans votre pays Monsieur le président. Je tenais à y venir aussi parce qu'il y a des liens humains qui unissent nos deux pays. Certains de ces liens plongent loin dans notre histoire. Ils peuvent être douloureux et la France regarde toujours avec lucidité son passé pour mieux préparer l'avenir et c'est ce que nous avons fait.
J'ai eu un long entretien avec le président Biya et je lui ai rappelé que la France était aux côtés du Cameroun face aux menaces qui peuvent la concerner directement avec le groupe terroriste Boko Haram. J'ai salué ce qu'avait été l'engagement du Cameroun. Parce qu'il a fallu faire face à des offensives belliqueuses avec des terroristes capables de provoquer des massacres. Et l'armée camerounaise a été courageuse. Et Elle a pu repousser les assaillants même s'ils sont toujours là aux frontières et pèsent sur la sécurité de l'ensemble de la région. Il y a encore quelques heures, le groupe Boko Haram a au Nigeria, commis des atrocités avec 150 victimes dans un lieu de culte. Des musulmans qui ont ainsi été lâchement assassinés pendant le temps de la prière. J'ai également confirmé la coopération de la France avec l'ensemble des pays de la région pour renforcer encore nos dispositifs de renseignements, d'informations, de formations, et de manière à ce que les pays les plus concernés puissent eux-mêmes faire les interventions qui sont nécessaires.
Nous avons il y a un an, voulu qu'il y ait une coordination plus forte de nos actions. Et je dois dire que le bilan que nous pouvons en faire est encourageant. Nous avons une structure de partage de renseignements, nous avons une cellule de liaison au niveau militaire, l'aviation française réalise très régulièrement des survols des zones où Boko Haram sévit. Et nous pouvons ainsi fournir aux armées du Cameroun, du Tchad, du Niger, du Nigeria, des images qui sont attendues. Et j'ai d'ailleurs dit au président Biya que nous allons encore amplifier cette coopération, notamment pour fournir les images, pour former les militaires et également pour mieux coordonner nos actions.
J'ai également pris conscience, et je voudrais que la communauté internationale en soit elle-même pleinement informée, du nombre de réfugiés qui sont ici au Cameroun, reçus et accueillis. Je remercie la population camerounaise pour sa générosité et sa solidarité. Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui ont fui, généralement du Nigeria, et qui sont venus au Cameroun. Ce sont aussi des Camerounais qui sont obligés de se