# Message du Chef de l'Etat à l'occasion de la 49ème édition de la Fête Nationale de la Jeunesse
Yaoundé, le 10 février 2015
Chers jeunes compatriotes,
M'adressant à vous à la même période, l'an dernier, je vous avais laissé entrevoir une relance de la croissance de notre économie. Et cela naturellement avec de belles perspectives de création d'emplois. Eh bien ! cette relance s'est confirmée au cours de l'année passée. Les statistiques sont là pour le prouver.
Comme je l'ai souligné dans mon message à la Nation, en décembre 2014, 283.443 emplois ont été créés par les administrations et les entreprises. Pour l'année 2015, nous prévoyons la création de 350.000 emplois nouveaux. A pareil moment, l'année prochaine, nous aurons l'occasion de faire le point sur tous les emplois créés depuis 2011.
Il convient évidemment de se féliciter de cette évolution. Mais nous devons également le reconnaître : nous sommes loin de cette glorieuse reprise sur une longue période, seule capable de transformer notre pays en eldorado.
L'embellie de notre économie doit durer et se consolider pour conduire à l'émergence. En tout état de cause, notre jeunesse continuera à y trouver son compte.
Je sais bien que beaucoup parmi vous, qu'ils aient fait ou non des études, se retrouvent sans emploi. Je sais bien que beaucoup parmi vous, pour survivre, se rabattent sur des options précaires, sans lien avec leur formation ou leur diplôme. Il y a à cela plusieurs raisons qui tiennent au contexte international et à notre système d'enseignement.
Pendant près de 20 ans, l'iniquité des termes de l'échange et les différentes crises économiques et financières successives ont ralenti notre processus de développement et tari de ce fait l'offre d'emploi.
Est aussi probablement en cause, l'orientation tardive de notre système éducatif vers la professionnalisation.
Nous avons longtemps cru qu'il suffisait de rendre l'enseignement accessible au plus grand nombre, et d'en relever sans cesse le niveau, pour régler mécaniquement le problème du chômage.
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Nos écoles, nos collèges et nos lycées, nos universités et grandes écoles, doivent sans cesse s'adapter à l'évolution du monde. Dans notre quête de développement, laissons-nous guider par l'impératif de former des jeunes aptes à construire notre pays.
L'évolution technologique a changé le cours des choses. La nouvelle économie est dominée par l'informatique. Il nous faut accentuer la formation des techniciens et des ingénieurs. La professionnalisation engagée dans l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur vise à répondre à cette demande. Sans doute faudra-t-il aussi, dans cette optique, redonner au travail manuel, qui fait figure de parent pauvre, la place qu'il mérite.
Notre pays ne cache pas ses ambitions dans les domaines agricole, minier, touristique, artistique, sportif et environnemental. L'artisanat et les petites entreprises occupent encore chez nous une grande place. Il est indispensable, dans ces conditions, d'avoir de meilleures structures de formation dans les filières qui préparent nos jeunes à ces métiers.
Ces secteurs sont de vraies niches de croissance et d'emplois qualifiés, tels que plombier, électricien, mécanicien auto et industriel, etc.