# DISCOURS DU CHEF DE L'ETAT
# En réponse aux vœux du Corps Diplomatique.
Yaoundé, le 09 janvier 2014
- Monsieur le Doyen du Corps Diplomatique,
- Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Hauts Commissaires,
- Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,
Alors que les effets les plus violents de la crise économique et financière s'atténuent, qui oserait dire qu'elle est définitivement derrière nous ?
Sauf exception, la plupart des pays industrialisés peinent à retrouver la croissance. Les politiques de rigueur, axées sur la baisse des dépenses publiques et la hausse des prélèvements obligatoires, restent de mise. Dans bien des cas, le chômage continue à gangréner le corps social.
Les pays émergents n'échappent pas à cette morosité. Ils accusent le contrecoup en optant pour la politique du repli sur soi.
Les pays en développement sont relativement moins affectés, du fait de leur faible intégration dans l'économie mondiale. Ils s'efforcent de stimuler leur croissance et de sortir de leur condition de simples fournisseurs de matières premières, en mettant en place un secteur industriel diversifié et développé.
Chacun sent confusément que les causes de la crise n'ont pas été vraiment réglées. Une rechute n'est donc pas à exclure.
Les opinions publiques se satisfont pour le moment de cette accalmie. Toutefois, la confiance si indispensable au progrès économique, n'est pas encore réellement au rendez-vous. Les grandes puissances ne donnent pas l'assurance d'avoir jugulé durablement les dysfonctionnements de l'économie mondialisée, ni d'avoir compris l'exigence d'une nécessaire régulation. En revanche, l'accord auquel est parvenue l'OMC, après des années de négociation, est un motif d'espoir pour la facilitation des échanges, l'agriculture et le développement.
2
Dans ces conditions, néanmoins incertaines, il n'est pas surprenant que, chacun de leur côté, les États ou groupes d'États, heureux d'avoir échappé à la faillite ou à la récession, préfèrent parer au plus pressé pour tenter de retrouver les chemins de l'équilibre et de la croissance. Comme il paraît lointain le temps où la mondialisation promettait le développement harmonieux de l'économie et de la finance sur toute la planète ! Il y a en effet bien longtemps que la solidarité a cessé d'être le maître-mot des relations entre pays industrialisés et pays en développement.
Faut-il pour autant perdre tout espoir de rebâtir les rapports entre riches et pauvres sur les principes de la solidarité humaine ? Je ne le crois pas. Je pense qu'une fois les remous de la crise apaisés, il sera possible de reprendre les discussions sur ces questions. J'en veux pour preuve le débat qui a eu lieu à la dernière Assemblée Générale des Nations Unies sur le thème du développement après 2015, année à laquelle les Objectifs du Millénaire viendront à échéance.
IL est réconfortant de constater que, malgré les difficultés de l'heure, la communauté internationale n'a pas perdu de vue les problèmes des conditions de vie de la majorité de l'humanité.