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Texte juridique

Discours de S.E. Paul BIYA en réponse aux vœux du Corps Diplomatique — Yaoundé, 08 janvier 2015

Cameroun · Adoption : 8 janvier 2015

Pays
Cameroun
Type
Texte juridique
Date d'adoption
8 janvier 2015
Organisation
Présidence de la République du Cameroun
RésuméLe Président Paul BIYA répond aux vœux du Corps diplomatique pour l'année 2015. Il dresse un tableau des tensions internationales (Moyen-Orient, Ukraine, Libye) et de la menace terroriste de Boko Haram au Cameroun. Il évoque les mesures législatives et sécuritaires prises par le Cameroun et appelle à une riposte internationale globale. Il présente également les perspectives économiques du pays, fondées sur les infrastructures, l'agriculture et l'industrie. Il remercie les partenaires…

CEREMONIE DE PRESENTATION DES VŒUX 2015 AU CHEF DE L'ETAT


Discours de S.E. Paul BIYA en réponse aux vœux du Corps Diplomatique.

Yaoundé, le 08 janvier 2015

Si l'on s'en tient uniquement à la multiplication des foyers de tension ou des conflits armés, on serait tenté de dire que 2014 n'a pas été une bonne année. En revanche, on ne peut pas ne pas reconnaître que l'économie mondiale a manifesté des signes de reprise dans certaines régions de la planète, sans que l'on puisse affirmer pour autant que la crise est derrière nous. En effet, assez nombreux sont les pays qui connaissent un ralentissement, voire une stagnation de leur activité économique.

Essayons de voir les choses de plus près.

Incontestablement, la situation s'est aggravée au Moyen-Orient. L'emprise de l'État Islamique sur le nord de la Syrie et de l'Irak et ses offensives contre les régimes de Damas et de Bagdad ont plongé la zone dans une grande confusion. A la lutte pour le pouvoir se sont ajoutés des affrontements de nature religieuse ou ethnique, Sunnites contre Chiites, Musulmans contre Chrétiens, Arabes contre Kurdes, etc. Le bilan est effrayant : destructions, massacres d'innocents, déplacements et exodes de populations, fragilisation des États voisins, etc.

Les frappes aériennes effectuées par la « coalition » semblent avoir freiné la progression des troupes de l'État Islamique. Mais, l'envoi de personnels de la coalition sur le terrain étant exclu et les Nations Unies n'étant pas pour le moment directement impliquées, aucune perspective de règlement n'est en vue. L'impression prévaut d'un épouvantable gâchis.

L'évolution du différend israélo-palestinien n'est guère plus encourageante. La négociation engagée s'enlise. Alors que l'Autorité palestinienne semble avoir renoncé à se rapprocher du Hamas et que sa reconnaissance en tant qu'État paraît gagner du terrain, les incidents se multiplient entre Israéliens et Palestiniens, faisant craindre le déclenchement d'une nouvelle « Intifada ». Plus le temps passe et plus la possibilité d'une reconnaissance mutuelle du droit à l'existence des deux États paraît s'éloigner. Combien de drames faudra-t-il encore pour que la raison finisse par l'emporter ?

2

Au nord de notre continent, les « printemps arabes » connaissent des destinées variées. En Tunisie, l'on doit se réjouir que la transition démocratique ait pu déboucher sur une situation apaisée conforme à une volonté populaire librement exprimée.

Par ailleurs, on ne peut que souhaiter qu'un grand pays comme l'Égypte retrouve la voie de la concorde nationale qui lui permettra d'assurer le rôle qui doit être le sien sur la scène internationale. Quant à la Libye, actuellement déchirée entre de multiples factions, elle ne pourra reconquérir la place qui lui revient que si elle parvient à surmonter ses divisions et à reconstituer les bases de son unité nationale.

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