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Décision de justice · n° ARRET N° 20 DU 06 DECEMBRE 2011

SAFIC ALCAN COMMODITIES C/ COMPLEXE CHIMIQUE CAMEROUNAIS

OHADA · Adoption : 5 janvier 2012

La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage est saisie d’un pourvoi contre un arrêt de la Cour d’appel de Douala. Elle relève que l’arbitrage a eu lieu hors de l’espace OHADA. En conséquence, l’Acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage ne s’applique pas. La Cour d’appel de Douala a ainsi violé l’article 1er de cet Acte uniforme. La CCJA casse la décision et se déclare incompétente pour annuler la sentence arbitrale. La société COMPLEXE CHIMIQUE CAMEROUNAIS est condamnée aux dépens.

Ohadata J-12-204

ARBITRAGE – ARBITRAGE AYANT EU LIEU HORS DE L’ESPACE OHADA

Incompétence

L’arbitrage ayant eu lieu hors de l’espace OHADA, il n’est pas soumis à l’Acte Uniforme relatif au droit de l’arbitrage. Par conséquent, la CCJA doit se déclarer incompétente. En décidant autrement, la Cour d’Appel de Douala a violé l’article 1er de l’Acte Uniforme sur l’arbitrage et sa décision encourt la cassation.

ARTICLE 1er AUAC

C.J.A. 3ème CHAMBRE, ARRÊT N° 20 DU 06 DÉCEMBRE 2011

Affaire : SAFICALCAN COMMODITIES C/ COMPLEXE CHIMIQUE CAMEROUNAIS.

Juris Ohada n°2/2012 p. 32

LA COUR,

Sur le rapport de Monsieur le Juge Abdoulaye Issoufi TOURE ;

  • Vu les dispositions des articles 13 et 14 du Traité relatif à l’harmonisation du droit des affaires en Afrique ;
  • Vu le règlement de procédure de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’OHADA ;
  • Vu l’Acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage ;

Attendu qu’il ressort des pièces du dossier que des relations commerciales avaient auparavant existé entre la société « SAFIC ALCAN COMMODITIES » et la Société « COMPLEXE CHIMIQUE CAMEROUNAIS » dans une première opération de vente en l’an 2000 ; qu’en janvier 2001, une transaction similaire fut entreprise et portait sur 2 028 064 tonnes d’huile de palme ; que cette opération n’ayant pas été conduite jusqu’à son terme, « SAFIC ALCAN COMMODITIES », arguant de l’existence d’un contrat de vente avec clause compromissoire, saisissait le Centre d’Arbitrage de la « Fédération of Oils, Seeds and Fats Association Limited » (FOSFA), situé à Londres, en vue de la mise en place d’un tribunal arbitral ; que ce tribunal constitué nonobstant le déclinatoire de compétence opposé par la Société COMPLEXE CHIMIQUE CAMEROUNAIS, condamnait celle-ci à payer différentes sommes à SAFIC ALCAN COMMODITIES ; que cette sentence attaquée devant la Cour d’appel de Douala sera annulée suivant Arrêt n° 61 du 04 juillet 2005 ; que c’est cet arrêt qui est frappé du recours ;

Attendu que « SAFIC ALCAN COMMODITIES » invoque, à l’appui du pourvoi, quatre moyens tels qu’ils figurent dans sa requête annexée au présent arrêt ;

Sur le second moyen

Attendu qu’à l’appui du second moyen – dont la Société COMPLEXE CHIMIQUE CAMEROUNAIS soulève l’irrecevabilité pour avoir été proposé pour la première fois en cassation – « SAFIC ALCAN COMMODITIES » invoque la violation de l’article 1er de l’Acte uniforme sur le droit d’arbitrage ;

Attendu que le moyen, étant de pur droit, peut être proposé pour la première fois en cassation ; que l’article suscité dispose que « le présent Acte uniforme a vocation à s’appliquer à tout arbitrage lorsque le siège du tribunal arbitral se trouve dans l’un des Etats-parties » ; qu’en l’espèce, il est constant que l’arbitrage a eu lieu à Londres, hors de l’espace OHADA et n’est donc pas soumis à l’Acte uniforme sus-indiqué ;

Texte intégral

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