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DECLARATION DU MBDHP SUR LA SITUATION DANS LES PRISONS AU BURKINA FASO A LA 59ème SESSION ORDINAIRE DE LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L'HOMME ET DES PEUPLES

Burkina Faso · Adoption : 21 octobre 2016

Le Mouvement Burkinabè des Droits de l'Homme et des Peuples (MBDHP) présente une déclaration à la 59ème session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples, dénonçant les conditions de détention déplorables dans les prisons du Burkina Faso. Il souligne la surpopulation carcérale (191% d'occupation moyenne), la vétusté des infrastructures, l'insalubrité, la malnutrition des détenus et les pratiques illégales comme l'Ordre de Mise à Disposition (OMD). Le MBDHP…

MOUVEMENT BURKINABE DES DROITS DE L'HOMME ET DES PEUPLES (M.B.D.H.P.)

  • Membre de la FIDH
  • Membre observateur auprès de la Commission Africaine des droits de l'Homme et des peuples
  • Membre de l'Union Interafricaine des Droits de
  • Affilié à la Commission Internationale des Juristes (GENEVE)

01 BP 2055, OUAGADOUGOU 01

Tél. : (226) 25 35 57 71

E-mail : mbdhpburkina@gmail.com

DECLARATION DU MBDHP SUR LA SITUATION DANS LES PRISONS AU BURKINA FASO A LA 59$^{ème}$ SESSION ORDINAIRE DE LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L'HOMME ET DES PEUPLES

(21 octobre au 04 novembre 2016 à Banjul - Gambie)

Excellence Madame la Présidente de la Commission africaine,

Honorable Commissaire, Président du groupe de travail sur la situation dans les prisons,

Honorables Commissaires,

Le Mouvement Burkinabè des Droits de l'Homme et des Peuples (MBDHP) n'a de cesse d'interpeller chaque année, le gouvernement du Burkina Faso sur les conditions difficiles des prisons. A cette instance africaine, le mouvement réitère son engagement et sa détermination a toujours œuvrer pour l'amélioration des conditions de détention dans le respect de la réglementation pénitentiaire et des principes fondamentaux protecteurs des droits humains au Burkina Faso.

La situation dans les prisons de notre pays demeure particulièrement préoccupante. Surpopulation, vétusté des bâtiments, promiscuité, misère, épidémies et endémies non-prises en charge, insalubrité, atteintes à l'honneur et à la dignité, mort de détenus etc. restent encore les maîtres maux qui minent les milieux carcéraux au pays des « hommes intègres ». Les détenus pour la plupart sont, en effet, confinés dans des geôles de moins de 10m$^{2}$ sous un régime collectif avec un effectif variant entre 6 et 12 personnes. A la date du 14 Mars 2016, les statistiques font état de 7246 détenus pour une capacité d'accueil de 3800 places soit un taux moyen de 191%. La prison de Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays bat le record de la surpopulation carcérale avec un taux d'occupation estimé à 348,88% en janvier 2016. À cette date, 628 détenus était admis dans ce centre alors que sa capacité d'accueil normale est de 180 détenus. En ce qui concerne l'alimentation, le détenu burkinabè a droit à un repas journalier unique dont la valeur nutritive est insignifiante au regard des sommes allouées à l'achat des condiments. A titre illustratif, pour l'année 2015, le budget alloué à l'alimentation des détenus s'élève 400.067.000 FCFA. Ce montant est resté constant depuis plusieurs années

malgré la hausse considérable du nombre de détenus et le coût des denrées de plus en plus cher.

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