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Texte juridique

Communiqué sur la situation des droits de l'homme en période post électorale au Cameroun

Cameroun · Adoption : 23 octobre 2025

Le Barreau du Cameroun exprime sa profonde inquiétude face à la dégradation de la situation sécuritaire et aux violations des droits de l'homme après l'élection présidentielle du 12 octobre 2025. Il condamne les actes de destruction, les arrestations arbitraires et les violences perpétrées par les forces de l'ordre. Il rappelle les droits fondamentaux garantis par la constitution et les instruments internationaux ratifiés par le Cameroun. Le Barreau demande la libération immédiate des…

Ordre des Avocats au Barreau du Cameroun

Conseil de l'Ordre

Cameroon Bar Association

Bar Council

Avenue Charles ATANGANA, derrière Mess des Officiers Olézoa

Loi N°90-59 du 19.12.90 / NIU: M129012787184K

BP 13488 - Tél. 237 652 70 91 22/237 655 72 36 98/237 222 22 03 85

www.barreaucameroun.org - e-mail: barreau.cameroun@gmail.com

Le Bâtimier de L'Ordre

The Bar President

COMMUNIQUE

SUR LA SITUATION DES DROITS DE L'HOMME EN PERIODE POST ELECTORALE AU CAMEROUN

Le Barreau du Cameroun note avec une profonde et préoccupante inquiétude la dégradation de la situation sécuritaire sur la scène politique nationale, et exprime son indignation face aux violations flagrantes des droits de l'homme constatées actuellement à travers le Cameroun au lendemain de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025.

Le Barreau condamne fermement les actes de destruction, notamment les casses dans la ville de Dschang et l'incendie des Tribunaux qui en a suivi, incident dont les conséquences sont très graves, notamment la perte des archives judiciaires, la conservation des informations relatives à l'état-civil et au casier judiciaire.

Le Barreau condamne en outre les arrestations en cours, effectuées en violation des procédures légales établies et ayant un caractère ciblé, et rappelle que le droit de manifester pour un droit est un droit universel et inaliénable. Aucun individu ne peut être privé du droit d'exprimer pacifiquement son désaccord contre l'injustice ou pour la défense de ses droits.

Le Barreau est particulièrement consterné par les incidents suivants :

  • Le décès tragique dans ces circonstances qui restent à être élucidées, mais attribué à des éléments des forces de maintien de l'ordre, de Madame ZOUHAIRA, enseignante à l'école publique de Poumpouré dans la ville de Garoua, à l'Extrême Nord du Cameroun en date du mardi 21 Octobre 2025 ;
  • L'enlèvement et l'assassinat par des ravisseurs sécessionnistes, de l'honorable ABE Michael, député du parti RDPC dans la région du Nord-Ouest en date du mercredi 22 octobre 2025 ;
  • Des arrestations annoncées de Messieurs ANICET EKANE et DJEUKAM TCHAMENI ainsi que des militants du parti FSNC ;
  • L'arrestation annoncée de l'activiste Fabrice GUERA dans la Région du Littoral à Douala ;
  • Les multiples violences et arrestations perpétrées sur les populations (parmi lesquelles des mineurs exerçant dans le secteur informel) par les forces de maintien de l'ordre alors que bon nombre d'entre eux étaient à leur poste de travail et n'avaient aucun lien direct avec les manifestations ;
  • Le refus d'entrer dans la ville de Garoua opposé au Professeur Jean Calvin ABBA OYONO et dont l'arrestation est par ailleurs annoncée.

Tout en condamnant toutes les formes de violence et d'anarchie, le Barreau appelle le gouvernement du Cameroun, tous les acteurs politiques, à prendre note du fait que la paix qui prévaut dans le pays est fragile et nécessite d'être nourrie par tout le monde.

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