DISCOURS DU CHEF DE L'ETAT
En réponse aux vœux du Corps diplomatique.
Yaoundé, le 09 janvier 2018
- Monsieur le Doyen du Corps diplomatique,
Qu'il me soit tout d'abord permis de vous remercier pour tous les propos aimables que vous venez de tenir à l'égard de mon pays et du peuple camerounais, ainsi qu'envers mon épouse et moi-même.
- Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique,
L'an dernier, dans les mêmes circonstances, je posais la question suivante : « Est-il permis d'espérer que les tensions qui ont marqué ces derniers années s'atténuent et que s'ouvre dans le monde une période plus appropriée au progrès économique et social ? » J'avais alors admis qu'il était prématuré d'y répondre.
Force est de constater que l'instabilité qui continue de caractériser les relations internationales laisse la question pendante.
Certes, au Proche et au Moyen Orient, les combats en Syrie et en Irak ne sont plus que sporadiques. Mais le destin de la région restera sans doute incertain aussi longtemps que les deux puissances majeures de la zone ne trouveront pas de compromis viable, comme en témoigne la situation au Yémen. Quant au problème israélo-palestinien, il paraît « gelé » pour un temps indéterminé.
On voit mal comment, dans les conditions actuelles, les grandes puissances dont l'influence et les intérêts sont prédominants et opposés dans la région, pourraient contribuer à y rétablir la stabilité.
Vaincu au Proche-Orient, l'Etat islamique a activé ses cellules djihadistes au nord de l'Afrique et dans la bande sahélienne. Bien que tenu en échec militairement, il conserve une forte capacité de nuire à divers pays africains. Le Cameroun en a fait l'amère expérience dans sa lutte contre Boko Haram.
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Repoussé hors de nos frontières, ce mouvement terroriste ne représente plus qu'une menace résiduelle qui nous oblige cependant à rester très vigilants. C'est pourquoi nous maintiendrons une étroite coopération avec les pays membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad qui se sont engagés, fin novembre à Ndjamena et mi-décembre à Abuja, à ne pas baisser la garde.
L'instabilité que j'ai mentionnée n'a pas seulement pris la forme de tensions ou de conflits armés. Elle est aussi la résultante d'une remise en cause de l'équilibre réalisé après la Seconde Guerre mondiale et la fin de la guerre froide. L'Organisation des Nations Unies et son Conseil de Sécurité en étaient les garants.
Au cours des dernières décennies, ce système de sécurité collective a eu le mérite d'éviter le déclenchement d'un conflit global et de permettre, après bien des péripéties, à de nombreux pays parvenus nouvellement à la souveraineté, de vivre en paix et d'engager des processus de développement. C'est dans ce contexte que la mondialisation des échanges a fini par s'accélérer.
Or, dans la période la plus récente, des tendances nationalistes ont ressurgi un peu partout dans le monde. Elles étaient porteuses d'une double contestation :