Yaoundé, le 22 novembre 2019
SOMMET EXTRAORDINAIRE DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE ET MONETAIRE DE L'AFRIQUE CENTRALE (CEMAC)
THÈME : « EXAMEN DE LA SITUATION ÉCONOMIQUE, MONÉTAIRE ET FINANCIÈRE DE LA ZONE CEMAC ET ANALYSE DE SES PERSPECTIVES »
DISCOURS D'OUVERTURE DE S.E. PAUL BIYA PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN
Monsieur les Chefs d'État et de Gouvernement, Monsieur le Président de la Banque Africaine de Développement, Monsieur le Président de la Commission de la CEMAC, Mesdames, Messieurs,
Je voudrais tout d'abord souhaiter à vous-même ainsi qu'aux délégations qui vous accompagnent, une chaleureuse et fraternelle bienvenue à Yaoundé, en même temps qu'un agréable séjour parmi nous.
Je vous adresse ensuite mes sincères remerciements pour avoir honoré l'invitation qui vous a été adressée. Votre présence à ces assises est le signe de l'éloquence de votre attachement à l'intégration sous-régionale et aux principes de l'organisation chargée de la promouvoir.
Je salute tout particulièrement la présence du Dr AKINWUMI ADESINA, Président de la Banque Africaine de Développement ainsi que celle des représentants de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International et de la France. Votre assiduité à nos côtés est à la fois appréciée et hautement bénéfique.
Messieurs les Chefs d'État et de Gouvernement,
Il vous souvient qu'en 2016, au moment où des menaces importantes pesaient sur les équilibres macro-économiques et budgétaires de nos pays, affectant dangereusement la situation de nos réserves de change, nous nous sommes réunis ici même à Yaoundé. Nous avons alors pris d'importantes résolutions pour juguler la crise qui s'annonçait.
Il y a lieu de constater pour s'en féliciter que, trois ans après, la plupart de nos États les ont mises en application. D'autres sont en voie de le faire. Par conséquent, nous constatons que la situation économique de notre sous-région tend à s'améliorer substantiellement. Le taux de croissance sous-régional s'est situé à 1,8 % en 2018. L'inflation se trouve en dessous de 3 % ; les déficits budgétaires et extérieurs sont sensiblement réduits ; la dette publique se situe à près de 50 % du Produit Intérieur Brut pour l'ensemble de la Communauté ; les réserves de change de l'espace CEMAC s'établissent à présent à plus de trois mois d'importations, écartant ainsi le risque d'ajustement monétaire.
Messieurs les Chefs d'État et de Gouvernement,
S'il est indéniablement admis que l'orientation de la situation économique et financière de notre sous-région va dans la bonne direction, il n'en demeure pas moins que des vulnérabilités subsistent. Le contexte macro-économique mondial est incertain. Les tensions géopolitiques et commerciales menacent l'épanouissement des échanges au niveau mondial. Ce contexte a conduit le Fonds Monétaire International à réduire ses prévisions de croissance mondiale pour cette année. La volatilité des prix des matières premières continue d'affecter nos économies dont la diversification doit plus que jamais s'amplifier. Les défis sécuritaires continuent d'exercer une forte pression sur nos finances publiques.