Ohadata J-15-156
POURVOI EN CASSATION
IRRECEVABILITE D’UN MOYEN IMPRECIS
REJET D’UN MOYEN INVOQUE POUR LA PREMIERE FOIS EN CASSATION
Cautionnement – Caution solidaire d’une société par son dirigeant - Société débitrice en redressement judiciaire - Appel en la cause du débiteur principal – Signification de l’assignation au débiteur – Formalité accomplie.
Poursuite de la caution par le créancier conformément aux stipulations des parties – Absence de violation des dispositions de l’AUPCAP.
Doit être rejeté un moyen imprécis, mélangé de fait et de droit. Il en est ainsi par exemple du reproche, entre autres, à la cour d’appel d’avoir, en dépit de la clarté de clauses contractuelles, rejeté la demande d’annulation des actes de cautionnement, sans motifs, se contentant d’affirmer que la créance de 80.000.000 FCFA est contestée et que la preuve est faite que le compte de l’une des sociétés en cause a été crédité de ce montant.
Doit être rejeté un moyen qui n’a pas été invoqué devant le premier juge. C’est à tort qu’il est reproché à un arrêt attaqué d’avoir violé l’article 15-2 de l’AUS en ce que le débiteur principal, la société en liquidation, n’avait pas été mise en cause, dès lors qu’il ressort des pièces du dossier que la créancière a signifié au débiteur principal l’acte d’assignation en paiement par lequel elle sollicitait la condamnation de la caution et que, répondant à cette assignation en paiement, la société débitrice en redressement judiciaire et son syndic, représentant légal, ont par le biais de leurs conseils, conclu au bénéfice de l’article 75 de l’AUPCAP qui interdit ou suspend toutes poursuites contre tout débiteur en redressement judiciaire.
Les juges d’appel qui ont retenu qu’à l’analyse de l’article 91 de l’AUPCAP, le créancier dont la créance est garantie par une ou plusieurs cautions peut produire le montant total de sa créance dans le redressement judiciaire et demander paiement intégral à la caution, et que l’article 91 sus-indiqué exclut le principe de la suspension des poursuites prévues à l’article 75 de l’Acte uniforme précité ; qu’au titre des stipulations contractuelles, le point I du contrat de cautionnement dispose que, « la caution solidaire est tenue de payer à la banque ce que doit et devra le cautionné au cas où ce dernier ne ferait pas face à ce paiement pour un motif quelconque » ; que le point VI relatif à la mise en jeu de la caution spécifie que, « en cas de défaillance du cautionné pour quelque cause que ce soit, la caution sera tenue de payer à la banque ce que lui doit le cautionné y compris les sommes devenues exigibles par anticipation. », n’ont pas fait une mauvaise interprétation de la loi dès lors que les stipulations contractuelles qui font la loi des parties, n’ont rien de contraire aux dispositions de l’AUPCAP et que la banque peut poursuivre la caution, quelle que soit la procédure collective ouverte.
Rejet du moyen.